Brainless / J. Noirez. - Gulf Stream, 2015. - (Electrogène Fantastique)

Jason est une « doigt d'honneur adressé à la réalité ». Un zombie, un mort vivant, un « subvivant », un « syndrome de coma homéostatique juvénile ». Ils sont 433 dans ce cas, à avoir été déclarés mort avant de revenir à la vie. Pour le reste, leur vie n'est pas si différente, si ce n'est que le corps doit être nourri au formol pour rester intact et que le cerveau est plus lent. Jason, avant et après sa mort, reste donc Brainless, « l'écervelé, le gentil crétin du bout de la rue ». Ce qui ne l'empêche pas de séduire la mystérieuse Cathy et de sauver une bonne partie des lycéens de Vermillion d'une tuerie de masse.
Voici un roman qui détonne ! Des scènes d'horreur crues, de l'humour qui s'immisce aux moments les plus impromptus (rire franc et nausée bataillent), une vision sans concession de l'adolescence et plus globalement de l'être humain, de la société. Les plus décérébrés, les plus Brainless, ne sont pas là où on les attend.
Avec ce texte de la nouvelle collection Electrogène, Gulf Stream a réussi l'exploit de me faire apprécier un genre qui a priori me rebute : l'horreur fantastique. Parce qu'il l'étoffe de propos sur la violence, la mort, dans une décontraction indolente qui rajoute à l'humour froid, grinçant.
« Que peut-il espérer des vivants, à part de la défiance, de la cruauté, des sarcasmes ? Jason n'a pas attendu de mourir pour se résigner. Il a toujours été résigné. »

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