Si loin de Kaboul / N. H. Senzai. - Magnard, 2015

La famille de Fadi a décidé de fuir l'Afghanistan, plus précisément les talibans «  arrogants et avides de pouvoirs ». Dans la panique du grand départ, la famille a perdu Mariam, la plus jeune des filles. La petite de 6 ans se retrouve seule en Afghanistan, tandis que tous dorénavant ont rejoint les États-Unis. Bien sûr des avis de recherche ont été lancés, des détectives mandatés sur place mais on lui a tellement répété de ne pas dévoiler sa véritable identité si elle rencontrait des inconnus...
L'intrigue gravite autour de l'angoissante absence, de la culpabilité partagée par chacun mais le roman est aussi le récit d'une émigration rendue doublement particulière par un autre évènement, historique celui-ci : l’attentat du 11 septembre. La difficulté de s'adapter est compliquée par une méfiance de l'"autre" synonyme d'amalgames. Mais Fadi rencontre aussi la solidarité et son obsession de retrouver sa petite sœur trouvera écho dans son nouveau pays.
N. H. Senzai qui a « grandi entre deux langues et deux cultures » est assez juste dans ce récit qui parle de l'équilibre à trouver entre deux pays. Cette famille espérait participer du renouveau de l'Afghanistan, elle doit renoncer à ses idéaux et trouver sa place dans un pays qui subit une crise majeure. Chacun devra tracer sa voie, individuellement et collectivement.

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