Refuges / A. Heurtier. - Casterman, 2015

Mila revient pour la première fois depuis des années -depuis la mort de son petit frère- sur l'île de Lampedusa. Pas facile, à 16 ans, de passer ses vacances avec ses parents, a fortiori lorsque la tristesse alourdit chaque mot, chaque intention. Heureusement, Mila va rencontrer Paola, solaire et sereine, qui lui fait redécouvrir "l'île du salut".
En parallèle à ce deuil, ce sont les destins de 8 autres personnes qui vont se raconter, par bribes courtes et puissantes. Saafiya, Meron, Pietros, Melotata et tant d'autres, vont sortir de l'anonymat, cesser d'être un "problème social", une "catégorie" pour s'incarner aux yeux de Mila comme aux nôtres. En êtres qui fuient l'oppression de leur pays -l’Érythrée-  et l'absence d'horizon pour un avenir incertain mais forcément plus libre.
Cette mise en perspective est moins là pour mettre en balance les souffrances que pour proposer, comme dans Là où naissent les nuages, une solution pour dépasser les drames :
Dépasser son individualité pour améliorer la marche du monde. « En gardant les yeux ouverts, en affrontant les difficultés, tout devenait possible. Et la pierre qu'elle apporterait , même brute, même légère, avait sa place dans l'édifice ». Prendre part au monde, faire en sorte, avec ses moyens, de lutter contre la violence et l'injustice du monde. Comme par exemple en refusant d'obéir à une loi aussi insoutenable que la loi Bossi-Fini qui veut que toute personne recueillant un migrant soit poursuivie pour complicité d'immigration illégale.


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