Nous les menteurs / E. Lockhart. - Gallimard, 2015

Chez les Sinclair, la famille est un mythe à construire, à entretenir. Une image à peaufiner sans cesse. Rester "normal" en toutes circonstances, malgré les divorces, les décès et autres chagrins renversants. Les points culminants de ces représentations ont toujours lieu l'été, sur leur île privée, où les grands-parents ont fait construire des maisons à leurs trois filles. Les petits enfants et Gat, un ami, ont toujours plaisir à s'y retrouver, d'autant plus, pour la narratrice Cady, depuis qu'elle est amoureuse de Gat.
Mais leur grand-mère est morte et cet été-là, la succession exacerbe toutes les tensions. La normalité se fissure, les adultes se déchirent...
Et puis il y a l'accident. Si terrible qu'il laisse Cady amnésique, en proie à de très violentes migraines et qu'elle restera deux ans sans retourner sur l'île enchanteresse. Lorsqu'elle retrouve enfin ses cousins et Gat, elle leur demande de l'aider à retrouver la mémoire, malgré l'interdiction qu'ils ont d'évoquer l'évènement.
La vérité sera effroyable.
Le roman débute comme la saga d'une famille riche et snob, offre des parenthèses contées, se noue en tragédie. Nous les menteurs dresse un portrait de la famille à la fois terrible et magnifique, où l'amour, indéniable, se pourvoie dans les affres d'un orgueil dérisoire, de la manipulation et de la jalousie.
Les victimes : les enfants, ceux-là mêmes qui tentaient d’apporter le changement d'un monde plus juste humainement et socialement.

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