Les petites reines / C. Beauvais. - Sarbacane, 2015. - (Exprim')

Pour la troisième année consécutive, Mireille est consacrée Boudin de son collège-lycée. Certes, elle est passée de boudin d'or à Boudin de Bronze, abandonnant son titre à Astrid. Quant au Boudin d'argent, il est attribué à la jeune Hakima. Loin de s'affliger d'un tel couronnement, Mireille est passée maître dans l'art du détachement, et même de l'autodérision (« Vu le résultat, franchement, moi, je me serais avortée. »), allant même jusqu’à badiner avec l'instigateur de leur supplice. Pas question pour autant de verser dans l'auto-dénigrement geignard, elle « déteste vraiment trop les pleurnicheries ». Avec ses deux camarades d’infortune, ses « boudinettes chéries », elle met en place un plan impossible : se rendre à la Garden-party de l’Élysée, chacune avec des « raisons disparates mais... conjointes d'aller là-bas, le 14 juillet.» Comment ? A vélo. Avec qui, pour chaperonner ces jeunes demoiselles ? Kader le soleil, en fauteuil roulant. Avec quels moyens financiers ? En vendant des boudins bien sûr... (« Rubrique trucs et astuces de la vie, par Tata Mireille : prends les insultes qu'on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec.»)
L'épopée cycliste est en marche, direction Paris, avec l'inexpérience, les kilos en trop et une détermination jamais entamée par le doute ! Ces petites reines ? Un vrai régal de lecture, de rires, de savoir vivre et de résistance ! A la violence -non éludée- des insultes véhiculées par les réseaux sociaux, Mireille oppose un caractère solaire ; elle ne surenchérit jamais dans la méchanceté malgré une répartie solide. La gentillesse, la bienveillance en toute circonstance. Et une capacité à la réflexion sans pareil.  « Peut-être que la mocheté, ça fait mûrir.  

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