Chapillon / L. Benabid. - Rêves bleus, 2013. - (Cartoons)

Layla Benabid, auteure-illustratrice vegan, propose des albums carré sans texte qui mettent en scène des animaux facétieux. Ici, un chat pourchasse un papillon, s'évertuant, s'agaçant, échouant. Le calme reviendra : Chapillon...
Une saynète prônant l'harmonie plutôt que l'antagonisme et la lutte.
Voir la notice

Coda, petit ours blanc / R. Lee ; E. Bertossi. - Circonflexe, 2015

Paysage d’une blancheur immaculée, sur du papier toilé. Tâche agressive et malfaisante qui transgresse cette ambiance apaisée : un chasseur tout de noir vêtu. Autre point noir dans ce blanc omniprésent : deux nez, d’une ourse et de son petit. Une menace pour leur vie… Le lecteur pourra partager la complicité d’une mère et de son ourson, trembler et enfin souffler pour eux,  dans cette neige protectrice…

Vingt et une heures / H. Duffau. - Ecole des loisirs, 2015. - (Médium)

Leur complicité était déjà belle, elle est devenue essentielle depuis la mort du père. Pauline l'angoissée et Emilien plus posé, aussi différents soient-ils, ne sauraient concevoir la vie l'un sans l'autre. Mais ce matin, quelque chose ne va pas. La mère partie « au pain » tarde à revenir, Emilien se perd en mer, c'est à Pauline de sauver la situation...
Une construction narrative étrange et déroutante qui alterne le drame qui se joue, le début de journée et le passé de la famille. Mais cette narratrice à l'hypersensibilité exacerbée par le deuil reste attachante...

Retrouver le petit frère / G. Bienne. - Ecole des loisirs, 2015. - (Médium)

Une négligence de quelques minutes et c'est toute leur vie qui est chamboulée. Emma et Sophie se sont absentées un instant laissant leur petit frère dans sa poussette. Elles reviennent et ne l'y trouvent plus. L'angoisse des recherches laisse place à l'hébétude d'une vie sans lui.
Les années passent, le mystère demeure et chacun, parents et enfants, mènent le simulacre d'une vie. Le souvenir d'Odilon s'estompe mais Emma s'est jurée de tout faire, dès sa majorité, pour le retrouver. En attendant, elle met tout en œuvre pour maintenir le lien, par la pensée, par les chansons qu'elle écrit sur et pour lui.
Les années passent et il est temps enfin pour Emma de tenir sa promesse...
Gisèle Bienne excelle à saisir les sentiments indicibles, troubles, qu'on aurait peine à exprimer mais qui sous sa plume deviennent évidence. Ici, la culpabilité, l'angoisse, la sensation d'une vie vidée de son sens se disent en nuances. On pourra trouver la fin miraculeuse, elle exprime surtout l'importance des liens à ceux que l'on aime.

Sans défense / Y. Pinguilly ; F. Koenig. - Autrement, 2015

Donali, Pougaza et Zotizo forment une famille unie et heureuse ; le petit Zotizo vit en harmonie avec les animaux de la forêt, notamment avec Koli, éléphant né le même jour que lui. Leur bonheur est anéanti par l’arrivée de la guerre. Comment expliquer l’inexplicable à l’enfant… « Rien n’est plus méchant que la guerre qui fait mourir des papas, des mamans, des enfants… des éléphants. »
Pour ceux qui continuent d’opposer humains et animaux sans comprendre que nous sommes tous liés, cet album devrait faire le plus grand bien. Un hymne au respect de la vie, un livre pacifiste et antispéciste.

Men of Wrath / J. Aaron ; R. Garney. - Urban Comics, 2015. - (Indies)

Ce comics traite de la dynastie familiale des Roth. Depuis les années 1900 ceux-ci portent en eux (dans "leurs gènes") violence envers les autres et leurs famille. Cette violence a débuté suite à un différent avec un voisin à propos d'un mouton.
Ici l'histoire se focalise sur le rapport entre le père Ira : tueur à gage pour le compte d'un gang et son fils Ruben qui cherche à se détourner de cet héritage encombrant. Ian doit tuer son fils qui a fait capoter un travail du gang Polk. Va-t-il se résigner à le descendre?
Comics à l’intrigue très sombre, aux dessins très noir mais excellemment bien ficelé. A ne pas mettre entre toutes les mains.

Tout foutre en l’air / A. Dole. - Actes sud, 2015. - (D’une seule voix)

Parce qu’un jour il faut aller au bout de ce que l’on a décidé, elle court. Elle s’enfuit, contre l’avis de ses parents, main dans la main avec un homme de 4 ans son aîné. Elle court, bien décidée à « le faire » mais voici que s’insinuent les doutes. Est-ce bien ce qu’elle veut ? Après tout, elle ne le connaît que par les messages échangés sur internet… Et soudain ses motivations à lui diffèrent des siennes, leur solitude n’est plus en résonance. Plus question alors de le suivre dans ce grand saut dans le vide.
Sur les dernières pages, nous retrouvons la narratrice des années plus tard et cette mise en perspective montre à quel point les plus profondes des solitudes et des détresses peuvent être dépassées si on laisse une chance à la vie.
« J’allais sauter dans le vide avec Olivier cette nuit-là, bien avant de savoir ce qu’était la vie. »