Pas pleurer / Lydie Salvayre. - Seuil, 2014. - (Cadre rouge)

Le narrateur de ce roman est assez curieux. On pourrait, dire qu’il s’agit d’un binôme, d’une double voix, celle de la vieille mère de Lydie Salvayre qui maîtrise mal le français, écorche les mots, les transforme, en invente et raconte ce que fut sa vie dans les années 1930 au sein d’un village espagnol, sur laquelle se greffe celle puissante de Lydie Salvayre elle-même. Un village donc, un peu archaïque, un monde de traditions, marqué par le machisme, la tyrannie des hommes, une condition ouvrière misérable, en quasi servage, le joug religieux et un avenir tout tracé pour les jeunes : la reproduction à l’identique de ce que vécurent leurs parents. L’année 1936 cependant marque l’arrivée d’idées nouvelles, un souffle de liberté, court hélas, en même temps que les atrocités de la guerre civile, avec d’un côté la collision des Franquistes et des autorités catholiques que dénoncera courageusement Bernanos, de l’autre la lutte fratricide entre des libertaires un peu utopiques et des communistes très dogmatiques. Un tableau fort de l’Espagne de 1936 à travers une reconstitution familiale. Prix Goncourt 2014.
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Avis : *** 


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