Oeuvres vives / Linda Lê. - Bourgois, 2014

Oeuvres vives | Lê, Linda. AuteurEn se rendant au Havre pour assister à la pièce de théâtre « Fin de partie », un journaliste culturel découvre les écrits d’un romancier méconnu du Havre et en est bouleversé. Il décide de le rencontrer mais le lendemain matin il apprend son suicide. Il dévore alors son œuvre et veut se lancer dans une grande enquête afin de réaliser un livre qui le fera connaître.
Le roman de Linda Lê creuse donc la vie de cet écrivain, Antoine Sorel, petit-fils d’un Vietnamien, et fils d’un xénophobe de la pire espèce, qui renie ses origines et est obsédé par la réussite sociale et le jugement d’autrui. Antoine Sorel est un franc-tireur de la littérature, pourfendeur de l’hypocrisie, qui finit par se clochardiser, s’alcooliser. « Il avait fait son propre malheur en ne voulant pas vivre la vie de tout le monde » dit de lui son père. Mais, en ce qui le concerne, l’enquêteur souffre de procrastination (ou d’aquoibonisme), plus il avance dans son enquête et plus il semble s’éloigner de la rédaction de son hommage.
Une ambiance très particulière règne dans « Œuvres vives », autour de cette ville du Havre, et dans ses allers et retours entre Le Havre et Paris. Dans l’impossibilité des rapports amoureux ou d’envisager de faire des enfants pour l’écrivain, dans les difficultés des liens avec les parents, dans l’écriture conçue comme la seule façon de se maintenir en vie (Œuvres vives est la partie émergée de la coque d’un navire), de faire taire ses terreurs, comme une façon d’être en exil et en même temps de retrouver un pays…, on laissera chacun libre d’entrapercevoir Linda Lê en filigrane. En tout cas c’est pas mal du tout…

Avis : **

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