La farce de l'éléphant / J. Takabatake. - Picquier, 2014

Qu’il est farceur cet éléphant ! Il a creusé un trou et attend, le sourire aux lèvres, que quelqu’un y tombe. Mais ni les fourmis, ni le lièvre, ni le chien, ni aucun des suivants ne se laissent prendre au piège et notre éléphant est bien déçu... Mais une averse va changer la donne : la farce dont le but était de rire aux dépends des animaux se transforme en joie collective et jouissive !

Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache / H. Rice ; R. Badel. - Thierry Magnier, 2014

Humour absurde dans ce manuel de dessin, format à l’italienne, où l’on tâchera d’apprendre à dessiner une vache. Ou un crocodile.  Enfin on ne sait plus trop… Quelle embrouille ! Pour résumer : « Pour dessiner une vache...il suffit d'effacer le crocodile qui se trouve autour. »
Pour la leçon de dessin, on repassera ! Pour l’humour, nous ne sommes pas déçus !

Ouh là là ! / F. Soutif. - Kaléidoscope, 2014

Dans une pièce, 1 garçon et 3 petits cochons jouent tranquillement aux cartes. A l’extérieur, un loup meneur et un ogre blagueur qui, pour tromper l’ennui, jouent à faire peur aux cochons (et plus si affinités…). Bien entendu, tel est pris qui croyait prendre, le petit garçon saura renverser la situation ! Petit livre carré cartonné qui exploite astucieusement son format et qui, grâce à un espace évidé, nous fait passer de l’intérieur à l’extérieur de la pièce. Très expressif, sans parole et vraiment drôle !
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Chû chû fait la souris / C. Pollaci. - Picquier, 2014

Ravissant petit imagier animalier qui égrène les bruits et cris des animaux. L’ouvrage, dans un système de languette à soulever, est bilingue -français/japonais- et se dessine en patchworks de papiers origami. C’est simple, mais beau, très beau.

Off / X. Salomo. - Seuil, 2014

Le paysage est désertique, désolé, abandonné par toute forme de vie. Excepté un petit garçon qui s’avance, sur un cerf. En vue, ce qui s’apparente à une centrale nucléaire, tout aussi désertée. Une chose à faire, pousser ce bouton rouge, arrêter toute activité, puis dormir. A leur réveil, le paysage a changé, le vert a envahi les pages, il y a même quelques formes de vie. Pour autant, pas question de se relâcher, ces deux gardiens de vie reprennent leur route, pour d’autres missions, d’autres cheminées à désactiver… Album poignant, sans un mot, où la détermination courageuse et sans faille de ce duo infatigable s’oppose à une apocalypse presque totale.

Dodo / D. de Monfreid. - Ecole des loisirs, 2014. - (Loulou et Cie)

8 chiens dorment dans 2 lits superposés à 4 étages. Il suffit d’un chien ronfleur pour que tous s’éveillent peu à peu. Tous, sauf le perturbateur, bienheureux… Les autres s’activent, s’organisent, reconfigurent la composition de la chambrée, pour un plaisir partagée des occupants et du lecteur. Album cartonné en hauteur -cela va de soi- pour une nuitée fort sympathique.

La chambre du lion / A. Parlange. - Albin Michel, 2014

Un enfant curieux s’introduit dans la chambre du lion... Du bruit, vite, sous le lit ! Ce n’est pas le lion mais d’autres occupants vont et viennent et se cachent, dans la même méprise… Enfin, c’est le lion lui-même qui regagne ses pénates et « ne reconnaît pas tout à fait sa chambre.»
Curiosité de l’interdit, attrait du frisson, l’ambiance est installée à merveille. Chacun, se cachant sans conscience des autres, pourrait être voué à une solitude, larvée dans l’album. Mais les liens se tissent, imperceptiblement, et nous laissent imaginer la manière dont la peur peut être dépassée…
Une illustration au tampon atypique, minimaliste, pour un album qui ne manquera pas de résonner.

Raoul / M. Van Zeveren. - Ecole des loisirs. - (Pastel)

11 saynètes format BD sur la vie quotidienne et familiale de Raoul et ses parents. Nous les suivons dans la cuisine, la salle de bain, la chambre, les toilettes, en voiture... et assistons à leurs dialogues cocasses et tendres.
Un fil conducteur : un petit frère ou une petite sœur espéré(e), de part et d’autre, « on  ne sait pas (…) c’est l’aventure qui décide ! »

La grande et la petite / N. Brun-Cosme ; C. Nicolle. - Points de suspension, 2014

Silhouettes évidées ou justes ébauchées mais présences si pleines… C’est l’histoire de La Grande et de La Petite, la première ayant désiré si fort la seconde qu’elle retarde son départ, tempère sa soif de grands espaces et de découvertes.
Mais La Grande apprend un jour « que la Petite ne serait jamais grande. Qu’elle resterait petite, puis qu’elle ne serait plus. » Alors, il faut accompagner, sans mettre de mots mais en multipliant les gestes symboliques, jusqu’au bout.
Sujet évidemment délicat, difficile, mais adouci par une prise de conscience de l’importance de vivre pleinement chaque moment.

Boule mouillée ; Boule de Noël / C. Therrien ; G. Després. - Bilboquet. - (Les tout petits)

Cette boule, c’est un chat, narrateur des histoires. Il est rusé, déterminé mais aussi tributaire de sa famille humaine qui lui complique la tâche autant qu’elle prend soin de lui. Entre désirs du chat -manger du poisson, jouer dans le sapin de noël- et confort de la famille, la cohabitation n’est pas forcément facile. Mais pour le lecteur, quel plaisir ! 2 livres fort sympathiques réalisés par des auteurs assurément amoureux des chats, dont on espère une suite aussi réussie.

Le chapitaine / I. Moore. - Ecole des loisirs, 2014. - (Pastel)

Le Chapitaine n’est évidemment pas un capitaine comme les autres, qui préfère les chats aux marins et à l’argent. Reste le goût de l’aventure et des découvertes. Son bateau surpeuplé de félins vogue « à la découverte des magnifiques contrées qu’il avait toujours désiré voir ». Lorsqu’il aborde une île infestée de rats qui ne connaît pas les chats, l’équation paraît simple et la solution toute trouvée : les chats resteront à terre pour chasser les importuns. Mais comment le chapitaine va-t-il gérer ce dilemme qui l'oblige à choisir entre goût du large et amour de ses chats ? Aventures à rebondissements et chats à foison ! 

Le Noël de Marguerite / I. Desjardins ; P. Blanchet. - La Pastèque, 2014

Marguerite a l’habitude de passer Noël seule. Elle en est presque contente. Pas besoin de sortir par ce froid, pas de dérangement, une fatigue épargnée. Car elle vieillit Marguerite, elle a besoin de se ménager. « Elle est bien chez elle. Elle aime sa maison, réconfortante de souvenirs, d’odeurs familières, et dépourvue de dangers. » Or voici qu’en cette nuit de Noël, on sonne à sa porte. « L’anxiété la gagne ». Serait-ce la mort ? Pas encore, juste une famille en panne sur la route des vacances. La parenthèse mouvementée est vite refermée. Ouf. Mais d’où vient alors ce léger regret de les voir repartir ? Illustrations seventies pour une histoire aussi belle que poignante, sur la solitude et la peur. Mais Marguerite prouve qu’il n’est jamais trop tard pour s’ouvrir à ce que peut proposer la vie…

Saperlipopette mon chapeau ! / S. Antony. - Gautier-Languereau, 2014

Le vent emporte le chapeau préféré de sa majesté. La reine, son chien, les soldats de sa garde toujours plus nombreux lui courent après à travers la ville de Londres. Une jolie cacophonie qui reste so british car tout rentre dans l’ordre. Et l’on saura enfin l’identité de la personne très spéciale que sa majesté s’apprêtait à visiter avant la joyeuse mésaventure…

Un bout de chemin ensemble / Gudule. - Hachette, 1999. - (Livre poche jeunesse)

Six histoires pleines d’humanité, dans lesquelles la rencontre entre l’homme et l’animal offre un sursis dans la folie du monde. 

Chevalier B. / M. Pouchain. - Sarbacane, 2007. - (Exprim’)

En plein dans une bouse de vache ! Ca, c’était l’entrée en matière, à moitié assumée, de Barnabé. Ce ne serait pas grand chose si cela ne s’était produit devant les yeux de sa bien aimée Rosa, qu’il courtise, mais dans l’anonymat ! Ce jeune homme pataud, qui n’était pas très bon à l’école, ne se laisse pas décourager. Il a les moyens de ses ambitions et en devenant chevalier B., c’est sûr, il convaincra la belle. Notre héros part donc en bataille contre ce qui le révolte : les champs d’OGM, l’élevage intensif, les bêtes menées à l’abattoir dès la naissance... autant de choses qu’il s’évertuera à combattre, aussi vain que cela puisse paraître - pour la petite histoire, lui est plutôt du genre à cajoler sa vache Espoir ou à faire écouter à ses champs de blé le concerto n°3 de Rachmaninov. Voilà un récit mené tambour battant, couvrant plusieurs années, dans un style en phase avec la fougue du personnage. Ce Barnabé, sincère, idéaliste, persévérant et entier nous est formidablement sympathique et l’on espère avec lui que la vie, enfin, sera à la hauteur de sa générosité... 

Le dernier ours / C. Bousquet. - Rageot, 2012. - (Thriller)

Si seulement Karen pouvait revenir sur cet instant maudit où elle a, enfant, signalé à sa famille la présence d’une ourse et de ses 2 oursons… Le père a sorti son fusil, tué la mère, vendu les deux oursons à un zoo. Depuis, Karen n’a jamais pu quitter Anuri, seul ours survivant au final, et est même devenue sa soigneuse attitrée, presque son double humain. Lorsqu’on lui demande, suite à des violences inexpliquées, d’euthanasier l’animal, pourtant dernier ours blanc né libre (nous sommes au Groenland en 2037), Karen ne peut s’y résoudre et s’échappe avec lui. Également présents dans l’équipée sauvage : 2 ados rebelles en rupture de la société. « Une gamine, un voleur, un ours et sa soigneuse… Tu parles d’une équipe ! » Leur fuite s’avère d’autant plus légitime que se révèle le caractère toujours plus abject du codirecteur du zoo, un « bio-généticien dont le génie est à la mesure de son indifférence pour l’existence d’autrui ». Svendsen, spécialiste du métissage eugénique et de l’hybridation, est en effet à la source de tous les problèmes d’Anuri, de Karen, et bientôt de l’humanité toute entière, pervertissant la frontière entre l’homme et l’animal, à des fins hégémoniques. Roman noir et passionnant qui ouvre tant de pistes de réflexions sur le lien ô combien étroit entre l’homme et l’animal, la notion d’indépendance et de liberté, la science et ses dérives, la corruption et l’intégrité...
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Dog lands / T. Willocks. - Syros, 2012

La narration de ce roman nous plonge au cœur du ressenti des chiens, et plus particulièrement de Furgul, jeune lévrier. Parce qu’il n’est pas pur sang, parce qu’il ne sera pas assez rapide sur les champs de course, Furgul est destiné à être tué, comme nombre de ses congénères. Mais Furgul est né brave, cœur libre et sauvage et ne se résoudra jamais à correspondre à ce que les hommes veulent faire de lui. Qu’on le veuille docile vers la mort, domestiqué, appât pour les cambriolages... toujours, il se rebiffera contre ces humains qui nient son droit à vivre selon ses besoins. Il ne renoncera jamais à regagner les Doglands, espace de liberté et de dignité retrouvée. Rien d’enfantin dans ce roman qui donne la parole aux animaux, il donne au contraire un aperçu de ce que vivent les animaux exploités de tant de manières par les hommes qui pensent avant tout à leurs intérêts propres. 

Du mal à une mouche / A.-L. Grobéty. - La Joie de lire, 2004. - (Récits)

Voilà qui n’est pas banal : arrivée aux portes de l’au-delà, une vieille dame se voit notifier la liste de tous les crimes commis dans sa vie, des abeilles aux vers de terre. Au-delà de ce qui peut paraître anecdotique, l’auteur nous confronte à notre responsabilité face au vivant et nous rappelle que nous ne sommes qu’un maillon. 

L’ étrangleur / J. Spinelli. - Ecole des loisirs. - (Médium)

Chaque année a lieu la Foire aux pigeons, durant laquelle il faut exterminer le maximum d’oiseaux. Les garçons de plus de 10 ans sont chargés d’étrangler les oiseaux blessés. Palmer vient d’avoir dix et n’a aucune envie de rejoindre ce clan. 
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Mahout / P. Favaro. - Thierry Magnier, 2010

Pour payer les dettes de son père, Sid doit quitter sa famille, travailler pour un homme qui vit de la location d’éléphants. Sid n’est pas rassuré, la violence des grands mammifères peut être à la mesure de la maltraitance dont ils sont victimes. Mais avec le temps, il s’attache à ces bêtes qui partagent sa souffrance ; il décidera lui aussi de devenir Mahout, soigneur d’éléphant. Il ne peut, ne veut l’être que dans un centre de soin. Les traumatismes d’enfance de Sid -il en est devenu muet- s’apaiseront grâce aux rencontres humaines -son ami Lakshmana, la jeune Priya, le sage Ashoka- et animales. Ce roman est un texte fort, tiré de l’expérience de l’auteur qui vit en partie en Inde, et sait décrire avec nuances une Inde contrastée. Là plus qu’ailleurs, entre violence liée à la pauvreté et dévotion à l’animal, humains et animaux tentent de coexister. Sid, personnage attachant et émouvant, symbolise ce trait d’union. 

J’ai joué avec les loups / G. Janer Manila. - Bayard, 2013. - (Millézime)

Marcos se souvient de l’extrême pauvreté de ses parents. D’avoir été vendu. D’avoir appris à se débrouiller dans la nature avec Damien. Puis Damien a disparu. Et désormais Marcos est seul. Pas tout à fait en réalité car de nombreux animaux lui tiennent compagnie, l’aident à vivre. Certains lui ont même sauvé la vie. Et il a vécu ainsi pendant 12 ans, sans autre contact humain que les rares échanges avec les propriétaires du troupeau de chèvres qu’il garde. Puis il est repéré et c’est le retour à la "civilisation". Celle qui l’exploite, l’humilie, l’envisage avec curiosité. L’histoire, adaptée du récit oral du véritable Marcos, est racontée sur quelques 160 pages. Les relations avec les animaux sont longuement décrites, entre réalisme et fantasmagorie. L’auteur dit à ce propos : « l’important est moins ce qu’il a vécu que ce qu’il a cru vivre. L’imagination l’a sans doute sauvé de la solitude ». Chacun se fera ainsi son opinion ; ce qui laisse beaucoup moins de place au doute néanmoins, c’est l’âpreté du retour à la société des humains. Cet aspect de son histoire est traitée rapidement et se clôt sur une fin abrupte : la rage de Marcos. De quoi soulever de nombreuses pistes de réflexions. Et un constat : l’animal ne triche pas, contrairement à l’homme. 
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Le reve du cachalot / A. Brocas. - Sarbacane, 2010. - (Mini-romans)

Est-elle baleine, est-elle vendeuse de kiosque ? Ou tout cela à la fois ? C’est en tout cas définitivement du côté des cétacés qu’elle se sent vivre et qu’elle arrime ses rêves. Mais même dans ce monde là, les humains la harcèlent, ils en auront sa peau. Très beau texte métaphorique, difficile à résumer, qui montre, avec ce seul personnage, la symbiose qui devrait exister entre les hommes et les animaux, pour une harmonie pas si difficile à imaginer...
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Sur la route de Blue Earth / J. Monninger. - Flammarion, 2014. - (Tribal)

Sont-elles dans le juste lorsqu’elles prennent la décision d’emmener Speed ? De le subtiliser pour lui permettre d’avoir une fin de vie libre, alors que ses propriétaires ont prévu de l’abattre le lendemain ? Hattie et Dolorès ne se posent pas la question et partent sur les routes, vers le grand ouest, avec le vieux cheval qui a tant donné toute sa vie sans jamais se plaindre de l’exploitation des hommes. Leur périple est long, les doutes affleurent, à propos de Speed mais également de leur vie à elles. A quoi se destinent-elles ? 
Un roman empli de compassion, grand ouvert sur des espaces toujours larges, qui fait la belle démonstration qu’en étant attentif aux autres, on peut trouver le chemin jusqu’à soi. 
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Le tigre de Baiming / P. Vatinel. - Actes Sud, 2012. - (Aventure)

Baiming fait une découverte surprenante : dans la jungle à côté de son village, il est tombé nez à nez avec une tigresse et deux petits alors que l’espèce est censée être disparue. Conscient de la responsabilité qui lui incombe, Baiming court prévenir son amie vétérinaire Song Danming. Mais le danger menace, en la personne de Monsieur Lin, mafieux influent qui ne reculerait devant rien pour un tel profit. Un roman passionnant sous divers aspects : la découverte de la Chine, l’intrigue bien menée qui ne joue pas les facilités, et enfin des personnages qui échappent avec intelligence à la caricature. Le dénouement n’est en rien happy end, en cohérence avec la postface qui fait un topo édifiant sur l’extinction des tigres en Chine. 
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La vérité crue / P. Favaro. - Thierry Magnier, 2012

« Dans la vie, on se fait tous des illusions, on se fabrique des rêves pour tenir le coup. (...) C’est pour ça qu’on a un seuil. Avec d’un côté ce qu’on accepte de voir et de l’autre l’horreur sur laquelle on ferme les yeux. » Mais Jésus, dyspraxique, n’intègre pas la réalité comme le commun des mortels. Ce qu’il perçoit, c’est la vérité crue, nue, dénuée de tous mensonges et illusions. Le jour où, à 7 ans, il voit un camion rempli de veaux en partance pour l’abattoir, l’horreur lui apparaît sans ambages : Jésus ne mangera plus jamais de viande et sauvera tous les animaux qu’il croisera. Des années plus tard, lorsque Angeline rencontre Jésus, elle est convaincue que la normalité est bien de son côté à lui et devient sa compagne de route et de lutte... L’occasion de découvrir différents aspects de la cause animale : le végétarisme, qui provoque chez les autres « hostilité et mauvaise conscience » ; les conditions d’abattage, avec « des bêtes mal assommées, encore conscientes, suspendues à des crochets » en attendant leur mise à mort ; l’industrie de la fourrure avec les visons gazés qui, « pour essayer de s’enfuir, (...) mordent les barreaux à s’en arracher les dents » ; l’hypocrisie des éleveurs qui disent aimer leurs bêtes, juste soucieux que « le massacre ne se passe pas devant leurs yeux »... A ces horreurs, s’oppose la relation fusionnelle de Jésus avec les animaux, qu’il voit tels qu’ils sont, dans leurs ressentis. C’est une des forces du roman, d’être au plus près des personnages, avec des moments de dialogues intérieurs qui prennent le relais de la narration, et lui donnent une intensité et une émotion rares, donnant tout son sens au mot empathie, moteur de ce personnage juste. L’autre grand intérêt est de montrer que la conscience peut provoquer le changement d’attitude, pour une vie plus sereine. Jésus réunira autour de lui une famille d’adoption dont chaque membre voit sa souffrance apaisée. 
« - La beauté des bêtes, les hommes ne la supportent pas. 
- Peut-être parce qu’elle leur fait honte... »

Vâta-Java, cheval sacré de l’Inde (V° siècle) / F. Lamy. - Oskar, 2011

Adi s’est fait remarquer : il a sauvé la vie du mahârâja en tuant un tigre. Il doit donc quitter sa famille et s’installer au palais, comme palefrenier. Il s’attache très vite à un cheval, Vâta-Java, mais apprend bientôt que son favori est destiné à l’asvamedha (sacrifice du cheval). Dans un an, il devra mourir, parmi tant d’autres, pour assurer la prospérité du royaume. D’ici là, Adi est censé l’accompagner, le protéger. S’il lui arrivait quoi que ce soit, ce serait terrible… Roman prenant, évidement très poignant pour qui s’attache aux animaux, qui voit poindre la fin des sacrifices, de ce sacrifice tout du moins… Un dossier documentaire complète la fiction, qui explique l’évolution vers la disparition de ce genre de pratique et donne un peu plus d’informations sur la dynastie des Gupta, époque méconnue. 

Respecter les animaux / F. Pinaud ; A.-L. Combeaud. - Actes Sud, 2013. - (A petits pas)

Cet ouvrage montre avec une acuité certaine tous les paradoxes de notre relation aux animaux. Certains sont nos compagnons choyés voire adulés, d’autres sont chassés, utilisés, torturés... Les 20 et 21èmes siècles ont vu tout à la fois l’ère des exploitations intensives, des maltraitances généralisées et les révélations scientifiques qui montrent que nous ne sommes pas si différents des animaux, qu’ils ont un langage, sont sensibles, conscients... D’où l’importance de leur octroyer des droits, ce que s’évertuent à obtenir les défenseurs de la cause animale. La protection animale est présentée dans son aspect historique et dans la variété des combats. Textes courts et dessins incisifs n’occultent rien des souffrances et injustices infligées aux animaux. Un ouvrage salutaire. 
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Rana et le dauphin / J.A. Debats. - Syros, 2012. - (Mini Syros)

Quel merveilleux cadeau d’anniversaire pour Rana ! Grâce au métier de ses parents, chercheurs dans un centre de recherches nanotechnologiques, elle peut nager, quand elle le souhaite, en compagnie d’un dauphin. Elle vit avec lui des moments incroyables de complicité. Mais une expérience menée sur Typhon modifie considérablement son comportement et les résultats dépassent toutes les espérances des chercheurs. Des résultats qui pourraient compromettre l’exploitation systématique des animaux par les humains, de quoi considérer Typhon comme une preuve gênante. Dans un texte court et percutant, une prise de conscience des rapports déséquilibrés et injustes que les hommes entretiennent avec les animaux.

Parole de chien ! / J. Richter ; H. Müller. - Belin, 2012

Max raconte sa vie de chien dans une famille d’humains qui a bien du mal à le comprendre ! Certes, ils prennent soin de lui mais le fossé est tellement grand entre les besoins fondamentaux des animaux et les lubies des humains ! Heureusement, il y a "la Petite", tellement plus en phase avec lui... Une narration par un animal, procédé toujours hasardeux mais le résultat est ici réussi. Le texte apporte, avec beaucoup d’empathie, une réflexion apaisée sur le rapport hommes/animaux. 
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On a trouvé un chien : les droits des animaux / A. de La Roche Saint-André et B. Ventrillon. - Autrement, 2001

Une petite histoire -où un chien est abandonné sur une aire de repos- est le point de départ d’une réflexion sur toutes les questions qu’impliquent un tel acte. Élargissement du propos avec un point sur les lois et la situation des animaux dans le monde.

Mon cheval s’appelle orage / Mon frère est un cheval / A. Cousseau. - Rouergue, 2012. - (Boomerang)

Recto : Elvis raconte sa relation avec le cheval né en même temps que lui, duquel il est proche, voire fusionnel. Pourtant, il faudra le vendre lorsque la famille aura le couteau sous la gorge… Verso : Sarantoya est ravie de ce nouveau cheval qu’on lui offre. Fougueux, sauvage, elle se sent tout de suite attiré par sa majesté et, contre l’avis de sa famille, décide de le monter… Les voilà embarqués dans une folle équipée… Un roman qui donne toute sa pertinence à la collection Boomerang, où le point de rencontre des deux histoires se situe dans l’échange, le respect de l’animal et la complicité possible avec l’humain. 
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Le Doigt magique / R. Dahl ; H. Galeron. - Gallimard. - (Folio cadet)

La petite voisine des Cassard ne tolère plus que ceux-ci passent leur temps à chasser. Elle est tellement en colère qu’elle en vient à utiliser son doigt magique... qui met toute la famille dans la situation de canards traqués. Ils comprendront vite la leçon...
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Le dernier orang-outan / V. Dayre. - Thierry Magnier, 2010. - (Petite poche)

La dernière phrase de Gaëtan, avant qu’il ne devienne effectivement un primate : "Je suis le dernier orang-outan."
Les humains fidèles à eux-mêmes veulent comprendre, classer, régler le problème dans les plus brefs délais. N’allons pas jusqu’à réfléchir à cette métamorphose hautement symbolique ! Texte percutant, plume acerbe et efficace pour une mise en cause de l’homme arrogant et de son rapport à l’animal. 
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Un chien pour toujours / E. Ibbotson. - Gallimard, 2012

Hal est fou de joie, pour ses 10 ans, ses parents vont enfin réaliser son souhait le plus cher : avoir un chien. Un chien qu’il choisit lui-même et la complicité est immédiate et totale. Mais Hal comprend très vite la trahison : ses parents l’ont trompé en louant ce chien pour un seul WE, espérant qu’il s’en lasserait rapidement. Le petit garçon obéissant et compréhensif se métamorphose alors : « Hal en avait assez de vivre dans un monde d’adultes. Il était temps de construire son propre monde où les choses étaient justes et telles qu’elles devaient être. » S’ensuit une fugue des plus atypiques, où Hal et Flocon sont rejoints par la toute nouvelle amie de Hal et divers chiens qui se sont joints à l’équipée… Des parents préoccupés par eux-mêmes qui n’écoutent pas leur fils, des enfants qui se rebellent contre l’égoïsme, la cupidité des adultes et n’écoutent que leur cœur : un beau texte pour les 8-12 ans qui porte l’étendard de la rébellion, de la fidélité et de la tendresse.
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Un chien pour la vie / L.S. Matthews. - Bayard, 2009

John, son grand frère Tom et leur chienne Mulotte forment un trio inséparable lié par une complicité... sans pareille. L’annonce de la maladie de Tom bouleverse la donne : les adultes sont persuadés que Mulotte constitue un danger pour les défenses immunitaires de Tom. Il faut l’éloigner, aucune discussion possible. Les 3 inséparables (car oui, la chienne a son mot à dire) imaginent rapidement un plan : John emmènera clandestinement la chienne, à l’autre bout du pays, chez le frère de leur père décédé. Le voyage commence en train, sans embuches. Puis John fait des rencontres étranges, inquiétantes, mais aussi très riches. Porté par sa mission et protégé par Mulotte, John accomplit des choses exceptionnelles. Car s’il est confronté à des horreurs (discrimination envers les roms, tests sur animaux), il refuse de laisser faire et préfère l’action, malgré la peur. Un roman pour jeunes lecteurs (dès 10-11 ans mais bien au-delà) qui sous ses airs un peu naïfs de roman d’aventures, se révèle beaucoup plus nourri qu’il n’y paraît. 
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L’ amour en cage / M. Rippert - Seuil, 2008. - (Chapitre)

Le quotidien de Paul, 11 ans, s’illumine dès qu’il quitte le collège et les moqueries -péquenaud, entend-il à longueur de récré- et court rejoindre la pie qu’il a sauvée et apprivoisée. Une réelle complicité est née au fil du temps et lorsque vient le moment où l’oiseau pourrait prendre son envol, des idées pas très glorieuses viennent à l’esprit de Paul. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que la seule amie qu’il a, Aïssatou, va bientôt repartir en Guinée... La liberté, l’amour, les renoncements ... difficile équation. Un roman aux accents de campagne et de langue méditerranéennes, aux personnages très attachants. Dès 10-12 ans.
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Zoo / A. Browne. - Kaléidoscope, 1992

Une visite familiale au zoo où les humains sont à moitié intéressés par ce qu’ils voient tandis que les animaux ne sont que des survivants. "Je ne pense pas que le zoo soit vraiment fait pour les animaux. Je pense que c’est fait pour les gens.
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Vegan is Love : Avoir du coeur et agir / R. Roth. - L’âge d’homme, 2013

« Nous sommes libres de créer la paix ou la souffrance dans le monde. » Refuser la souffrance des êtres vivants, c’est le mode de vie des vegans. Dans leur façon de s’habiller, consommer, se divertir, se nourrir, ces personnes refusent la douleur et la souffrance. Et par ces choix, elles affirment non seulement le droit aux animaux à vivre leur vie mais également leur volonté de respecter l’environnement, d’être solidaire avec les populations des pays en voie de développement.Tant de bonnes raisons à découvrir, comprendre et réfléchir dans cet album aux illustrations évocatrices et néanmoins mesurées.

Tout d’un loup / G. Elschner ; A. Guilloppé. - Elan vert, 2013

Il a tout d’un loup, « sa place n’est pas chez nous » murmure-t-on en le voyant. Il est donc abandonné, isolé, enfermé, victime des préjugés et de la peur des hommes. Mais un jour, un berger sait voir en lui ce qu’il est, tandis que le chien comprend que son bâton n’est pas « de ceux qui frappent ». Tout deux se retrouvent bientôt sous un large ciel étoilé. Les illustrations d’Antoine Guilloppé -tout en contraste noir et blanc où la couleur, rare, est symbole- renforcent l’opposition entre une survie d’enfermement solitaire et la liberté complice.  

La terrible histoire du boucher / M.-A. Jauze ; A. Grandin. - Rouergue, 2002

Un boucher aigri d’être trop petit, si petit que les vaches rient de lui, décide de prendre sa vie en main : des cours au cirque l’aideront à développer son adresse pour sauter à bras raccourci sur les bêtes. Mais, à travailler avec les animaux, il a de moins en moins envie de les tuer et finira par opter pour la vie.

Samedi, Gaspard fait l’andouille / V. Dayre. - Ecole des loisirs, 2002. - (Mouche)

Gaspard et Lulla viennent de découvrir une réalité assez sordide : la "tue-cochon" dans les fermes. La vision de la souffrance de la bête les a révoltés et après une prise de conscience ("On change les mots pour oublier qui on mange ?"), ils décident de passer à l’action : Lulla devient végétarienne, Gaspard décide de libérer les animaux de la ferme. Une action simpliste mais qui permettra aux adultes de remettre en cause leur façon de faire. Quant aux enfants, ils découvrent qu’il n’est pas si simple d’assumer ses prises de positions... 
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Retour à la forêt / Ha Jae Kyoung. - Sarbacane ; Amnesty international, 2009

Un éléphant dans un cirque : le jour, il doit effectuer des tours toujours plus difficiles, la nuit, il est en cage. Lorsqu’il devient trop vieux, on veut l’envoyer au zoo. Mais une nuit, un esprit lui offre la liberté : bain de boue, sensation de la pluie sur la peau, calme infini... La sérénité, enfin ! Teintes de nuit pour un plaidoyer en faveur de la liberté. Texte bouleversant atténué par la douceur du trait.  
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La planète des animaux / Mathis. - Sarbacane, 2012

Une succession de saynètes représentant animaux et humains. Elle seraient tristement banales si les rapports n’étaient inversés. « Tout est bon dans l’humain » dit le cochon ; « L’humain s’est rongé la jambe pour ne pas se faire capturer ! » précise le renard à son fils chancelant. Le décalage des situations provoque le rire, certes grinçant quelques fois, mais salutaire. Sommes-nous si différents de ceux que nous enfermons, tuons, mangeons... ? Les pages de garde apportent un peu de tendresse dans ce monde de fous !

L’ ourse des neiges / J. Morris. - Gautier Languereau, 2010

« Au commencement des temps », hommes et animaux « possédaient un esprit, une âme. » Ce conte du grand Nord dit l’histoire d’un ourson qui, volé par le corbeau, se transformera en bébé et sera recueilli par une famille humaine. Sept années passeront avant que le corbeau, figure trouble du conte, mette l’enfant sur le chemin des ours. Cet enfant, à la filiation humaine et animale représente la symbiose, l’harmonie et nous en montre la fragilité. Il incarne la sagesse qui devrait être nôtre face au vivant. Les illustrations pleine page de ce grand format nous plongent dans l’univers du grand nord et offrent de beaux portraits d’animaux. 

L’ ours / F. Thomas ; R. Brown. - Gallimard

Un homme désabusé, un ours de foire. Le premier, ému par le second, lui rachète sa liberté. L’ours abandonne peu à peu la colère et la peur tandis que le vieil homme réapprend à sourire.
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Ne t’approche pas trop / C. Moire ; C. Arsego. - Océan, 2012. - (Océan Ti Lecteurs)

Le narrateur de ce texte illustré est un éléphant. Momo n’apprécie guère sa vie au cirque qui nie tous ses besoins naturels. Un jour, une grosse tempête vient secouer le quotidien du cirque et met l’animal en panique : impossible de retrouver la confiance avec son dresseur... Heureusement, avec l’aide de Julien, fils du directeur du cirque, la situation se dénouera. L’épilogue convient que les relations entre les hommes et les animaux devraient se tisser dans la liberté, l’affection et la complicité.

Ne nous mangez pas ! Vivre en respectant les animaux / R. Roth. - L’âge d’homme, 2013

« Tout être vivant a la même volonté de vivre et de grandir. » Mais nous humains avons décidé de protéger et d’aimer certains animaux et d’en manger d’autres, leur promettant ainsi une vie d’enfermement et de souffrance. Un paradoxe que l’auteure appuie en confrontant la vie naturelle des poules, dindes, cailles, canards, cochons, vaches, poissons... et celle qu’on leur impose dans l’industrie de la viande. Sans compter que ces industries déséquilibrent l’écosystème. « Nous devons prendre conscience de l’impact qu’a notre alimentation sur notre planète. » Cet album est une première pierre à l’édifice d’un monde plus juste et apaisé. Et parce que « nous avons la liberté de changer nos vies », quelques pistes d’actions simples sont proposées en fin d’ouvrage. 

Un mur sur une poule / G. Baum ; T. Dedieu. - Gulf Stream, 2013. - (La nature te le rendra)

Voici des albums comme on les aime, drôles, percutants, intelligents en somme. Dans Un mur sur une poule, les auteurs évoquent, en une comptine légère et néanmoins incisive, l’élevage intensif. « Une poule sur un mur, qui picote du pain dur », tout tourne rond dans le monde. « Cent poules ! Attachées, sous un soleil électrique, picotent des pilules sur un tapis mécanique », c’est le début de la fin ! « Ce que tu fais à la nature, la nature te le rendra »... Même maxime pour J’ai adopté un crocodile : adopter un NAC, ça peut paraître sympa, jusqu’à ce qu’on en mesure les conséquences... Autre réflexion insinuée en douceur : l’humain est capable de choyer un animal près de lui tout en laissant perpétuer des horreurs sur les mêmes animaux, loin de sa conscience. Rassurez-vous, pas de leçon de morale appuyée, les chutes drôles et mordantes y veillent !

Mon petit enfant de compagnie / L. Méhée. - Les 400 Coups, 2010. - (Grimace)

Croc-Croc le hamster est super content : pour son anniversaire ses parents lui ont offert un petit enfant de compagnie. Il en est convaincu, avec un maître aussi attentionné que lui son petit compagnon sera le plus comblé des chérubins... L’enfant apprécie-t-il vraiment tous ces élans de tendresse frénétique ? En choisissant judicieusement d’inverser les rôles, Loïc Méhée montre au jeune lecteur qu’une petite bête de compagnie n’est pas un jouet. L’identification est efficace grâce aux illustrations expressives et percutantes.
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Mon oiseau / C. Demilly ; M. Astrié. - Grasset, 2014

« Mon oiseau », oui, mais aucune notion d’appartenance dans ce "mon". Juste une affection immense entre un petit garçon et l’oisillon blessé qu’il a soigné. Cette relation toute simple permet d’aborder de grandes notions comme la liberté et le respect, le sens de la vie, l’amour... Ce grand album carré dispense, dans une harmonie des formes et des couleurs, la quiétude qui va de pair avec la généreuse ouverture vers autrui.