Little Big Bang / Benni Barbash. - Zulma, 2011

Le Rameau d'olivier

Le narrateur est un jeune israélien d’à peine 13 ans lors des faits. Il est issu d’une famille où la branche paternelle se querelle régulièrement avec la branche maternelle. Le grand-père paternel, astrophysicien, est un rationaliste qui ne peut s’entendre avec la grand-mère maternelle, rescapée de la Shoah, grâce selon elle à plusieurs miracles dont elle a été bénéficiaire. Le père, hypocondriaque, passe lui aussi son temps en arguties et à reprocher à sa femme de ne jamais le plaindre assez.

Ledit père accuse presque 100 kg sur la bascule et commence plusieurs régimes dès lors qu’on soupçonne que son ventre proéminent pourrait bien dissimuler une ceinture d’explosifs. Son dernier régime est à base d’olives et à des conséquences inattendues : dans un premier temps un noyau d’olive se coince dangereusement dans l’œsophage et manque de l’étouffer, dans un second temps, des bourgeons d’olivier se mettent à occuper l’une de ses oreilles et vont se développer progressivement.

Curieuse histoire que cette métamorphose végétale contrepoint de la métamorphose animale du personnage de Kafka. Le ton est celui d’une ironie décapante, mordante, le cynisme flirte avec la logique absurde même si le final suggère davantage l’humour d’un Arto Paasilinna. On peut regretter cependant que cette allégorie ne fasse pas preuve de plus de finesse : « cette chose se transforme en une colonie illégale que l’on ne peut plus déloger », « tous deux s’étaient ainsi fondus en un seul être comme une sorte d’état binational ». On ne risque pas de rater le message de ce fondateur du mouvement La Paix Maintenant et ce d’autant qu’il y rajoute encore la symbolique de l’olivier. Cette émanation « d’un peuple sans terre arrivé sur une terre sans peuple » ne laissera néanmoins pas indifférent. Peut-on, par ailleurs, y voir un petit clin d’œil à "La Plante" de Vassilis Vassilikos ?

Avis : **

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