Six contre un / C. Alix. - Magnard, 2018. - (Presto)

Ludo raconte le harcèlement dont il est victime, le silence de ses camarades, la terreur qui s'exprime au détriment de la colère qui pourrait pourtant changer la donne, la peur d’impliquer ses proches, le souci de ne pas déranger sa mère... Ludo est dans un imbroglio qui lui semble insoluble, malgré les quelques mains finalement tendues.
Une petite centaine de pages pour ce texte qui exprime avec force la violence dont sont capables même les plus jeunes et avec nuance la détresse de Ludo. L'écriture est vive, avec le contraste des sentiments tus, en italique, et les réactions réelles, qui l'enferrent davantage encore. 

Tant bien que mal / Arnaud Dudek. - Alma, 2018

A. est un petit bonhomme de sept ans lorsqu’une Ford Mondeo blanche s’arrête à sa hauteur, l’embarque et l’emmène dans la forêt. Il ne dira jamais rien de ce qui s’est passé à ses parents. Il ne veut pas leur faire de peine ni risquer de se faire gronder, car il se sent un peu coupable. Il continuera d’être un élève brillant mais de plus en plus affublé de tocs, de superstitions et d’une indécision permanente. A trente ans, devenu auteur pour enfants, il reconnaît dans le propriétaire d’un pressing l’homme à la boucle d’oreille qui naguère, à la sortie du catéchisme, avait profité de sa naïveté. Durant des heures, installé à la terrasse du Café des Artistes, face au pressing, il observe et attend son heure. Un très court texte plein d’espoir et qui aurait été écrit dans une espèce d’urgence. L’auteur a construit son livre autour de séquences courtes qui donnent un vrai rythme à l’ensemble et nous oblige à ne pas le lâcher avant la fin. Il y est bien sûr question de l’enfance violée et de capacité de résilience.
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 Avis : **

Ce qu’il reste / Elena Varvello. - Masque, 2017

Ettore Furenti travaillait comme manutentionnaire dans une cotonnerie de Ponte dans le Nord de l’Italie lorsque celle-ci fit faillite en septembre 1977. Il aimait son travail et subit douloureusement le choc de cette fermeture. Très vite, il manifesta des signes étranges de bipolarité. Il acheta une fourgonnette et dès lors on ne savait trop où il était ni quand il rentrerait, ni même ce qu’il pouvait bien faire de ses journées. Noël 1977, le cadavre du petit Giorgio Longhi est retrouvé non loin, nu, mains et pieds attachés avec les lacets de ses chaussures. Puis, l’été 1978, Ettore Furenti est arrêté pour avoir entraîné de nuit dans les bois une jeune fille de 21 ans, de l’avoir ligotée, bâillonnée, déshabillée avec des intentions manifestement malveillantes. C’est Elia, son fils, qui raconte cette histoire trente après, balloté alors qu’il était entre un père fantasque, une mère aveuglée par son amour pour son mari et l’éveil perturbant de sa propre sexualité d’adolescent. Le récit alterne la vie quotidienne et l’essai de reconstitution du drame, une construction intéressante qui maintient une tension permanente. Le texte vaut d’ailleurs plus à mon sens par sa construction que par le style. Il semble que l’auteur ait fait là, pour son propre compte, exercice de résilience.
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 Avis : **

Viens, Émile, on rentre à la maison ! / H. Traxler. - La Joie de lire, 2018

La vieille Marthe et Émile vivent dans les alpages suisses, dans une cabane isolée. Ils forment une belle équipe mais les temps sont durs, Marthe a faim et on ne peut pas dire que les villageois alentours jouent la solidarité. Marthe  se résout à emmener Émile à l'abattoir. « C'est ce qu'on verra » pense Émile. Et Émile verra, tout comme Marthe. Devant l'abattoir, Marthe comprend et agit en conséquence.
Un grand talent de conteur et une belle modernité chez cet auteur que nous apprécions décidément beaucoup. 

Mentir aux étoiles / A. Chardin. - Casterman, 2018

Né avec une malformation cardiaque, Léon a toujours été fragile et par le fait surprotégé par sa mère. Il avait jusqu'ici l'aide d'une AVS à l'école, pour l'aider dans ses problèmes de concentration. Mais cette année, pour son  entrée en 6ème, il a décidé qu'il se débrouillerait seul, contre l'avis de sa mère plus inquiète que jamais. Son profil atypique, frêle, effrayé et spontané le désignent comme la victime idéale des gros durs du collège. Aux côtés de Salomé, une fille grosse vulgaire et très en colère, Léon regimbe, grandit. 
Ou comment un petit garçon trouve les ressources en lui pour se débarrasser de la peur, assumer sa différence et devenir un adolescent affirmé.
Le roman aux chapitres courts, avec une majorité de dialogues, le désigne aux lecteurs dès 10-12 ans.

La Bibliothèque noire / Cyrille Martinez. - Buchet-Chastel, 2018. - (Qui vive)

« Séjourneur, -euse, n.f. et m. – Celle, celui qui profite de la Salle de lecture pour y occuper un poste de travail sans utiliser les ressources documentaires de la Bibliothèque. Syn. Squatteur. » p. 107
Plus rien à lire ! Le narrateur se rend à la Grande Bibliothèque persuadé qu’il y a un livre pour lui qui l’attend. La première partie est assez didactique, on y aborde le déménagement de la Bibliothèque Nationale, le contenu des quatre tours du nouvel établissement, le travail de la bibliothécaire en salle, les espaces de consultations… Ayant trouvé le fameux livre, le narrateur cède la parole à celui-ci dans la seconde partie. Le livre nous fait part de ses craintes et angoisses : la disparition du plus gros lecteur, un historien, sous l’identité duquel on peut distinguer Robert Bonnaud, le remplacement des vrais lecteurs par des séjourneurs, le désherbage et bien sûr la numérisation. Troisième partie, troisième narrateur, la bibliothécaire est confrontée au cauchemar numérique et à la dématérialisation totale des fonds et des lieux mais une douce utopie, comme une éternelle renaissance, pointera le bout du nez. Ouvrage un peu bizarre où l’auteur semble s’être fait plaisir en se laissant porter par sa plume et son imagination. Pas déplaisant mais inutile d’en attendre beaucoup plus.
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 Avis : **

L’Archipel du Chien / Philippe Claudel. - Stock, 2018. - (Bleue)

Ce jour-là, sur une plage d’une île de l’Archipel du Chien faite de galets volcaniques, viennent s’échouer les cadavres de trois hommes noirs. Les habitants qui font cette découverte, la Vieille, Spadon et Amérique, font prévenir le maire qui arrive avec le docteur. Le groupe attire l’attention du jeune instituteur, non-originaire de l’île, qui faisait son jogging matinal. On emballe discrètement les corps dans une grande bâche, les charge sur une charrette, le maire exigeant le silence jusqu’à une réunion décisive du soir. Pour protéger le projet d’un complexe thermal qui créera de l’emploi et maintiendra la population sur place, l’édile décide de se débarrasser des corps sans prévenir la police, tous devront préserver le secret dans l’intérêt collectif, y compris le curé qui a appris la vérité en confession. Mais l’instituteur a mauvaise conscience et une espèce de commissaire un peu déséquilibré, totalement cynique et porté sur le whisky, débarque sur l’île, vient farfouiller dans leurs affaires.
C’est ici bien entendu une sorte de parabole de la crise migratoire contemporaine, les personnages sont peu détaillés, essentiellement représentés par leur fonction sociale, fonctions qui devraient théoriquement être aussi morales (le maire, le curé, l’instituteur). Hélas tout dérape, ce ne sont que des hommes, avec leurs faiblesses, île de pêcheurs et de pécheurs qui s’imaginent que pour vivre heureux il suffit de vivre cachés et de nier la réalité lorsqu’elle vient frapper à nos portes. Un bon roman où Claudel ne dépasse cependant pas nécessairement le niveau atteint avec Les Ames grises.
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 Avis : ***

La tribu qui pue / E. Gravel ; M. Le Huche. - Les fourmis rouges, 2017

Les enfants de la Tribu-qui-pue vivent dans les bois, dans une autonomie impressionnante. Côté propreté, ça laisse à désirer mais « on s'en fiche un peu, qu'ils puent, parce que personne n'est là pour les sentir à part les animaux. » Il y a une ombre qui plane néanmoins sur la joyeuse tribu : Yvonne Carré, excédée de n'avoir personne à standardiser et punir dans son orphelinat, est bien décidée à récupérer tous ces enfants trop libres à son goût. Les enfants sont ainsi capturés, tous sauf Fanette qui prépare la riposte. 
Lorsque enfance et monde adulte s'affrontent, liberté contre conformisme, il peut se passer des choses étonnantes, mais attention, sans concession !
Album ébouriffant, dans le fond et la forme !

Il était une fois la mauvaise humeur / L. Snicket ; M. Forsythe. - P'tit Glénat, 2018

Zélie n'a pas eu droit à une glace alors elle traîne sa mauvaise humeur. Elle retrouve le sourire en embêtant son frère, mais contrarie ainsi sa mère... Un nuage contrarié personnifie cette humeur ombrageuse et Lemony Snicket montre à quel point elle peut être contagieuse, mais aussi fragile. A nous de faire pencher la balance, pour nous-mêmes et notre entourage !

J'ai égaré la lune / E. Ji. - Nathan, 2018

Dans J'ai avalé un arc en ciel, nous avions quitté Puce amoureuse de Aiden. Quelques mois ont passé, elles ont décidé de se rendre une année au Japon pour Vivre pleinement. Elles sont emplies d'amour l'une envers l'autre et d'enthousiasme pour découvrir cette culture si différente. Mais Aiden doit rentrer aux États-Unis, l'attrait pour la nouveauté n'a plus la même saveur... Malgré tout, Puce, positive et bien décidée à saisir tout ce que la vie lui offre, ne se laisse pas abattre. Elle rejoint une colocation et la vie met justement sur son chemin... la tentation, alors que Aiden est si loin.
Des personnages avides de vivre, une bienveillance omniprésente et la non-violence qui s'ensuit, l'univers d'Erwan Ji est reposant et très agréable, qui prône « un monde sans normes, car sans normalité plus d'anormalité, sans étiquettes plus d'exclus, juste un océan de possibilités sans aucun jugement et une sensation de liberté infinie pour tout le monde ».

L'ourse bleue / N. Guilbert ; E. Halgand. - Des ronds dans l'O, 2018

La première page est saisissante : l'ourse bleue, au pelage presque boisé et scintillant, dort paisiblement dans la nuit enneigée. Lorsqu'elle s'éveille, deux yeux, deux flammes illuminent le décor. L'enchantement esthétique persiste. L'ourse trouve un enfant épuisé dans la neige, son empathie se heurte à sa peur des hommes, ceux-là même qui convoitent sa fourrure.
Le plaisir des yeux sera confirmé par la philosophie de la chute, non-violente, appelant au respect mutuel des espèces.

L’Affaire Mayerling / Bernard Quiriny. - Rivages, 2017

En ce début de 21ème siècle, ça bétonne sec à Rouvières. Des résidences dites de standing émergent un peu partout. Cependant dans la rue Mayerling un espace résiste, résistait du moins. Il s’agit d’un petit manoir de 1862 entouré d’un parc arboré. Son existence fut mouvementée, asile d’aliénés de 1905 à 1930, lupanar pour les nazis pendant la guerre. Se peut-il que les lieux aient une âme et qu’ils se révoltent parfois ? Toujours est-il qu’à la mort de la vieille Madame Ramut, ces filles vendent et qu’une société espagnole embauchant des ouvriers de l’Est élève une résidence Mayerling, grand luxe, le rêve concrétisé pour 25 foyers. Malheureusement très vite tout part à vau-l’eau : la pieuse Mme Camy est prise de pulsions libidineuses, d’autres virent mabouls, M. Flandrin voit son poids fondre tandis que Mme Lefebvre grossit à vue d’œil, Mme Chopard croise des fantômes, les amoureux Lemoine ne se supportent plus dès qu’ils sont dans leur appartement… D’autres encore sont en proie à des malfaçons : un garage moins long que leur voiture, une insonorisation déplorable ou des excréments qui remontent les canalisations et stagnent dans leurs WC. A un moment donné, plus de doute : ce sont les lieux eux-mêmes qui se révoltent et provoquent les multiples et incessants dérèglements. Il va falloir combattre.
On connaissait déjà le goût de Quiriny pour l’insolite, le loufoque, l’absurde. Aussi terrible que soit l’histoire, nous ne sommes pas dans du Stephen King et tout cela reste fort drôle. La construction des deux premières parties est originale et très agréable, la troisième et dernière plus classique (ça pourrait être du Mordillat…) Le tout offre un roman un peu décalé, bien plaisant, d’où la réflexion et la critique sociale ne sont pas absentes.
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Avis : ***

Community / Estelle Nollet. - Albin Michel, 2017

Comme dans Les Dix petits nègres d’Agatha Christie, ils sont dix, huit hommes et deux femmes, militaires et scientifiques français, sur la base scientifique de New Aberdeen, une île des terres australes. Lui, le narrateur, Charles-Charlie Cookers, néo-zélandais et français par mariage, a été choisi en dernière minute pour remplacer le cuisinier titulaire du poste. Tout se passe normalement, avec les difficultés propres à un groupe d’humains qui doivent vivre ensemble durant un an tout en remplissant diverses missions, solitude et promiscuité. Au bout d’un an, c’est la règle, la relève arrive, une équipe s’en va, une autre s’installe. On guette d’autant plus la venue du bateau que depuis quelque temps les systèmes de communication ne fonctionnent plus. Mais rien ne se passe, personne ne vient, une catastrophe a dû se produire.
Le groupe va devoir passer en mode survie. Sans être désagréable, le récit à un côté très classique, déjà lu et en plus approfondi. La description de l’activité sur la base est assez succincte, la présence de l’île pourrait être bien plus forte et plus précis ses paysages. L’auteur n’est pas avare en anglicismes, balafre la couverture de son roman d’un titre anglais, transforme sans utilité et de façon ridicule le mythique navire Le Marion Dufresne en Baron Dufresne (pourquoi ne pas avoir choisi le nom d’un explorateur écossais tant qu’à faire !) et, sans doute pour remercier la France pour sa résidence dans les TAAF, rebaptise New Aberdeen l’île d’Amsterdam.
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Avis : **

Soixante-douze heures / M.-S. Vermot. - T. Magnier, 2018

Irène a soixante-douze heures pour confirmer ou infirmer sa décision de confier son enfant à une famille d'adoption. Soixante-douze heures que nous vivons avec elle, entrecoupées de souvenirs d'enfance, de bribes de son histoire d'amour aussi intense que brève. Irène, visiblement impliquée dans sa grossesse et très attachée à son enfant, est confrontée à son premier choix d'adulte qu'elle veut éclairé mais que sa mère contrarie sans cesse. Entre urgence de prendre une décision et souvenirs qui affluent en écho, la transmission féminine du « gène de pouvoir et de manipulation » se dévoile de plus en plus, perdant ainsi de sa puissance.
Un roman cru, sensible, intelligent, exigent porté par un personnage principal d'une grande liberté.
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Un si petit coeur / M. Gay. - Ecole des loisirs, 2018

Sur le chemin de l'école, Nour trouve un oiseau blessé. Le renard du désert guette, prêt à l'avaler. Impossible pour Nour de rester insensible à son sort et de passer son chemin. Elle s'interpose, recueille l’oiseau et le soigne.  
Lecture très apaisante que de voir cette fillette, dans le grand désert hostile, veiller sur l'oiseau fragilisé avec tant d'implication et de sérieux.

Les mille visages de notre histoire / J. Niven. - Gallimard, 2018

Libby fut « la plus grosse ado d'Amérique » et même si elle a énormément maigri, elle ne passe pas inaperçue. Ce qui arrange plutôt Jack qui lui est incapable de reconnaître les visages, étant atteint de prosopagnosie et gardant son handicap secret. Avec Libby, tout est plus simple, pas besoin de trouver des subterfuges pour deviner à qui il s'adresse. Avec elle, il apprend la sincérité et la spontanéité mais il s'est comporté pendant tellement longtemps « comme un connard »,  par réflexe d'autodéfense, qu'il a du mal à perdre certaines habitudes. A l'inverse Libby, qui a vécu recluse, a plus de maturité, d'assurance. Son rêve : danser, et ce n'est pas le regard des autres qui l'en empêchera. Sa difficulté : lutter contre l'angoisse de perdre ceux qu'elle aime. Ensemble, ils vont apprendre à devenir eux-mêmes, sans peur. 
La violence des attaques dans le lycée n'est pas édulcorée, la vie y est difficile. Chacun choisit la défense qu'il peut, prédateur ou proie docile. Avec ses personnages, Jennifer Niven prend le parti de la sincérité et de l'ouverture aux autres.
 « C'est plus facile de donner aux gens ce qu'ils veulent. Ce qu'ils attendent.
Mais le problème c'est que, très rapidement, 
on ne sait même plus où est la frontière entre ce qu'on est vraiment et 
ce qu'on fait semblant d'être pour essayer de plaire à tout le monde »
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Duel au soleil / M. Marsol. - L'Agrume, 2018

Un indien et un cow-boy s'affrontent armes à la main. L'ambiance est aride, tendue, champs / contrechamps font monter la tension. Oups, un canard. Tiens un nuage. Attends, un train au loin. Autant dire que le duel annoncé ne finira pas en drame, avec une chute sans cesse ajournée.
Un Duel au soleil joue sur les codes cinématographiques du western (ne manque que la musique d'Ennio Morricone) avant d'emprunter à la comédie pour nous servir au final une histoire loufoque et déjantée.

Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants / C. Pierré ; L. Froissart. - Rouergue, 2018

Catastrophe, les ogres ne digèrent plus les enfants, leur plat unique et ancestral ! Ils tombent malades les uns après les autres, il faut donc se résigner : leur nourriture ne sera plus constituée que de fruits et légumes. Que faire dès lors des enfants parqués dans les élevages ?
Une révolution alimentaire et culturelle basée sur la fin des exploitations et la prise en compte des espèces ? Voilà qui devrait nous inspirer ! Et à en croire cette histoire, nous avons tous à y gagner.
Une fable contemporaine égalitariste aux illustrations courbes et enrobées.

Au firmament / Marius. - Ecole des loisirs, 2018

Un arbre, une caisse à outils, une amitié synchrone, de l'imagination à foison... Aiko et Nobou vont dépasser les limites, des branches et des cimes, en s'approchant toujours plus près du ciel, dans un jeu de construction magique bien que métallique.
Un graphisme simple pour un imaginaire poétique de tous les possibles.

La fille qui mentait pour de vrai / C. Grive. - Rouergue, 2018. - (DoAdo)

Kim ne comprend pas pourquoi elle ment sans cesse. Elle ment pour se rendre intéressante, ou parce que dans mentir, il y a « je m'en tire ». Mais elle est de plus en plus contrariée de son propre travers, de la confiance avec ses proches qui s'en trouve indéniablement bafouée. Elle constate surtout le tord et la souffrance qu'il induit, à travers le mensonge par omission de sa mère qui lui refuse le droit de savoir pourquoi son père est absent depuis si longtemps.
Il lui faut découvrir la vérité.
Comme dans Je suis qui je suis, Catherine Grive explore de façon sensible une personnalité en questionnement sur son identité (de garçon manqué), sur sa propension à mentir. Ses propres failles s'amplifient face à celles de ses parents. Dans sa quête de vérité, elle pourra enfin affronter sereinement la vie et ses tortuosités.