Un Hiver au Vésinet : nouvelles / François Bott. - La Table Ronde, 2018. - (Vermillon)

Un recueil de 16 courtes nouvelles et 2 plus longues. Les premières évoquent l’absence et la solitude : une bibliothécaire du Vésinet, restée vieille fille, n’a plus de nouvelle d’un très vieux monsieur philosophe qu’elle prenait plaisir à rencontrer, un jeune homme connaît le dépit amoureux à la suite d’une rupture, un conseiller du ministre de la Culture s’interroge sur un collègue, fonctionnaire insignifiant, perdu de vue, un amoureux ne se rend pas à son rendez-vous gare du Nord et disparaît sans prévenir, une femme attend le retour de son mari pourtant décédé depuis deux ans… Quoique veuille signifier le titre du livre, on pense plus ici à la tristesse de l’automne qu’aux hivers du cœur ou aux étés de la vie. On est englué dans la grisaille des existences et les éclaircies qui ne sont pas légions sont de bien courte durée. On voudrait croire à un élan des personnages vers un apprentissage de la passion mais la nostalgie et la mélancolie grignotent tout. Les nouvelles suivantes viennent aggraver encore cette situation, introduisant de plus en plus la déchéance sociale, la maladie et la mort. C’est tout de même un récital de déprime et de noirceur (exception faite de Julie D ; dans la nouvelle éponyme). La dernière nouvelle, curieux greffon, introduit le regard curieux et heureux d’un nouveau-né. Faut-il y voir enfin une forme d’espérance ou une moquerie de l’indécrottable naïveté enfantine ?
 
Avis : **

Je ne suis pas un auteur jeunesse / V. Cuvellier ; Robin. - Gallimard, 2017

Vincent Cuvellier revient ici sur son parcours. Certes, comme le dit le Général de Gaulle, c'est «  un sacré branleur » mais il revendique la dimension artistique de son métier et se dit écrivain plutôt qu'auteur jeunesse. Que vient faire le Général dans cette histoire ? Il fait partie des quelques fantômes (avec Claude François et Lino Ventura) qui, dans la vie quotidienne, lui donnent confiance ; convoqués ici, ils participent d'une prise de distance, d'un humour nonchalant et d'une sincérité réjouissante.
Vincent Cuvellier leur/nous raconte sa vie (quelques bribes), évoque sa vision de l'écriture, le style, le milieu professionnel, sa volonté de donner de la voix à un milieu social peu représenté...
Il met tant de « poussières dans l’œil » de ces fantômes, juste après nous avoir fait rire, qu'on peut vraiment dire, avec lui, que le style de Cuvellier réside indéniablement dans l'humour et l'émotion. Sans oublier une vision  engagée de la vie.
« Mon métier c'est d'écrire des livres pour les enfants, 
de leur raconter des histoires, de les faire rigoler, 
ou pleurer, c'est selon, et c'est déjà pas si mal. 
Essayons déjà d'écrire des bons livres, 
avant de vouloir construire, nourrir ou je ne sais quoi les enfants. 
Un peu d'humilité, ça serait pas mal. »
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Gorge coeur ventre / Maud Alpi. - Shellac, 2016

C'est un film dont il est difficile de parler tant il faut le vivre.
Le synopsis est assez simple : un jeune homme accompagne les bêtes dans les couloirs de la mort. Son chien observe. La scène se rejoue chaque nuit, avec des animaux différents.
C'est un film d'un genre nouveau, ni fiction ni totalement documentaire mais qui donne mieux que quiconque une voix aux animaux qui vivent leurs derniers instants. Maud Alpi les filme à leur hauteur : nous sommes dans l'abattoir, au plus près des animaux, et éprouvons leur frayeur. 
C'est un film qui ne devrait pas exister, ne devrait pas avoir à montrer l'inacceptable, il est pourtant essentiel pour mesurer ce qu'implique le concept d'abattoir.
A voir, à ressentir, à éprouver pour en tirer les conséquences. 
« L'abattoir produit quelque chose d'autre que de la viande,
il produit la possibilité de dominations infinies. 
Il est un outil de normalisation de la domination. 
Et il refabrique ça chaque nuit. »
« On ne regarde pas de la même façon quelqu'un qu'on mange 
et quelqu'un qu'on caresse, 
on ne regarde pas de la même façon quelqu'un qu'on s'approprie 
et quelqu'un qu'on désire voir libre...» Maud Alpi

La fourmi rouge / E. Chazerand. - Sarbacane, 2017. - (Exprim')

Vania cumule les bizarreries : son nom, Vania Strudel (« La moitié de mes chers camarades m'appelle Tampax et le reste opte pour Strud'balle. »), un ptosis, un père taxidermiste et fier de l'être, une meilleure amie atteinte du fish-odor syndrome, une mère... n'en parlons pas. Elle se revendique looseuse, victime éternelle, « une sorte de paratonnerre humain (qui attire) les emmerdes comme personne d'autre », elle a même crée un club avec son meilleur ami.
Mais dernière vacherie en date de l'existence : ce même ami, censée partager ses galères, sort avec son ennemie de toujours, une garce patentée qui la harcèle et la ridiculise. Le sort s'acharne sur Vania alors elle peut bien s'autoriser quelques mensonges pour adoucir un peu sa vie.
Elle reçoit un mail anonyme aussi dur qu'empathique, l'exhortant à prendre sa vie en main : « Certes, nous sommes tous des fourmis, vus de la lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. » Vania se convainc que peut-être c'est un combat à tenter. Après tout, « l'important, c'est ce qu'on fait d'une situation qu'on n'a pas voulue. » 
Émilie Chazerand réussit le pari de nous faire rire, parfois aux éclats, avec une héroïne constamment chahutée par la vie, qui possède néanmoins une autodérision irrésistible.
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Promenons-nous dans les bois / P. Kalioujny. - T. Magnier, 2017

Promenons-nous dans les bois... Sur l'air d'une chanson bien connue, un petit chaperon rouge déambule dans la forêt... pendant que le loup n'y est pas... Le loup se montrera, c'est sûr, mais pas dans le rôle attendu. La surprise viendra du décor : la forêt est fort mise à mal...
Un leporello recto-verso qui, entre comptine, conte et album engagé, livre de belles surprises, dans le déroulement de l'histoire comme dans l'illustration en noir et rouge. 

La biche endormie / B. Mésange ; T. Corda. - Lirabelle, 2016

La nature toute entière veille à ne pas réveiller la biche endormie. Mais Fanette voit son père partir à la chasse et pressent le danger : surmontant sa peur, elle se faufile dans les bois pour alerter la biche. Le loup quant à lui rôde...
Le texte, très rythmé, invite à une lecture à voix haute ; les illustrations jouant avec les ombres menaçantes renforcent la tension, que la fin viendra soulager de la plus belle des façons avec un message d'empathie et de paix. La relation père/fille n'en sera que plus forte. 
Existe aussi en kamishibaï.

Les réfugiés et les migrants / C. Roberts ; H. Kai. - Nathan, 2017. - (Explique-moi)

15 chapitres documentaires qui se lisent comme une histoire, pour mieux comprendre « ce qui pousse les gens à fuir vers d'autres pays, et ce qu'ils deviennent après leur départ. » Le lecteur est interpelé, avec des analogies de situations et d'émotions permettant à l'enfant de comprendre ce que vivent ces personnes déracinées. Le livre se clôt sur une invitation à agir, à son niveau ; l'ouvrage, s'il est quelque peu lénifiant sur le rôle des états, devrait en tout cas réussir à développer notre empathie.

P'tite Pousse / C. Hudrisier. - Didier, 2017

P'tite Pousse est née d'une graine, ou plutôt du souhait immense d'une vieille dame de l'avoir à ses côtés, « jusqu'à la fin des temps » espère-t-elle. Elle la chérie au creux de sa main, dans le secret de sa chambre. Mais P'tite Pousse a d'autres aspirations, s'échappe pour explorer le monde. « Ça fait un peu peur mais c'est beau. » Elle fait de nombreuses rencontres qui toutes, lui promettent  un avenir radieux à leur côté. Mais son appétit de vivre joyeux et gourmand la pousse toujours plus loin. 
De son côté, qu'est devenue la vieille dame ? Elle a compris grâce à P'tite Pousse, qu'il faut laisser grandir ceux qu'on aime dans une liberté épanouissante. 
Adaptation du conte Poucette où se côtoient fragilité du monde minuscule et force d'une fillette déterminée.

Kéti des terres rouges / K. Ressouni-Demigneux ; B. Pilorget. - Rue du monde, 2017

Dans la savane africaine, les animaux mènent leur vie, comme ils le font depuis des millénaires : l'ordonnancement du monde, avec ses naissances et ses menaces. Kéti entre en scène. Ses ancêtres étaient géants, lui rapetisse encore et encore, à mesure que s'agrandit la ville voisine. Il est bientôt « aussi minuscule qu'une souimanga à ventre jaune », s'enfuit toujours plus loin de la ville envahissante. Quel espoir, quel avenir pour lui et les animaux ?
Un conte sur l'urbanisation galopante qui met en danger la nature, les animaux, les peuples premiers, la vie toute entière. 
Un conte qui, comme Coeur-des-forêts a parlé paru concomitamment, pointe l'urgence à comprendre dans les faits notre lien à la nature.

Loupé ! / C. Voltz. - Rouergue, 2017

Deux personnes attendent le bus. Le jeune, sur son portable, joue, écoute de la musique, rédige quelques SMS indigents, réalise des selfies immédiatement relayés sur les réseaux sociaux... qu'importe l'activité, pourvu qu'on trompe l'ennui. Le bus arrive enfin. Et le vieil homme, émerveillé, lance à son jeune voisin : « quel spectacle incroyable, pas vrai ? » Panique du jeune homme : qu'a-t-il loupé ??? Et nous, lecteurs, où avons-nous porté notre attention ?
Une invitation à relire l'album, et surtout à lever le nez de nos portables pour vivre réellement, être attentif à ce qui pourrait être perdu à jamais. 
Les illustrations de Voltz, recyclage malicieux d'objets, sont toujours aussi efficaces et particulièrement pertinentes sur ce sujet de l’hyper-connexion, de la patience, du rapport au monde. 

Le Bon cœur / Michel Bernard. - La Table Ronde, 2017. - (Vermillon)

Vous saurez tout sur la courte vie de cette petite paysanne de 17 ans qui, entendant des voix, se porte en 1429 auprès du roi pour lui proposer d’aller bouter les anglais hors de France. Nous parlons bien sûr de Jeanne d’Arc. Nous la suivons dans des moments épiques comme la reprise de la ville d’Orléans ou le sacre du roi à Reims. La gamine illuminée et sa ferveur est un atout par sa seule présence. D’ailleurs, non seulement elle s’indigne qu’on jure, qu’on achève les blessés et de la présence de prostitués auprès des soldats mais elle s’affiche comme une étrange guerrière : n’affirme-t-elle pas en effet, elle blessée plusieurs fois, n’avoir jamais tué ou blessé de sa main !!! Sainte Jeanne d’Arc… L’ascension fut fulgurante mais plus dure est la chute : faite prisonnière à Compiègne, oubliée du roi qui n’a plus besoin d’elle, jugée, exécutée et partie en fumée à Rouen. Pourtant, grâce à sa détermination et la redynamisation des soldats français qu’elle a provoquée, les Anglais ont déjà perdu et vont devoir se replier de l’autre côté de la Manche.
Michel Bernard aime bien s’emparer d’une célébrité, il l’a déjà fait les années précédentes avec Maurice Ravel puis Claude Monet. Il s’agit ici d’une bonne reconstitution historique de facture classique mais bien documentée, écrite et ficelée. Le tout donne un roman historique assez agréable et vivant.

 Avis : **

La Petite famille / Sophie Avon. - Mercure de France, 2017. - (Bleue)

Camille est une jeune femme française. Elle est tombée amoureuse de Ron, un anglo-néerlandais. Lui pensait à se faire la jolie française, elle voulait la totale : amour, mariage, famille. Quelques années plus tard le couple vit à Amsterdam avec Sacha, leur fils. Camille n’est déjà plus amoureuse, elle renâcle sérieusement aux rapports sexuels avec son conjoint et lorsque son amie d’enfance, Nina, vient habiter provisoirement avec eux, elle ne s’offusque même pas que celle-ci couche avec son mari. Pour autant, il n’est pas question de divorce car Camille veut un père pour son fils, même si cela ne l’empêche pas de lorgner du côté d’un nommé Abram qui manifeste une totale indifférence. Elle monte une petite entreprise de vente de bijoux qu’elle crée mais elle a du mal à s’en satisfaire pleinement comme elle a du mal à renouer avec sa mère à laquelle elle reproche de l’avoir, enfant, affectivement abandonnée lors de son remariage. Lorsqu’apparaît dans le texte au quart du livre le terme « commissaire », on se doute que le titre paisible du roman est un leurre qui pourrait bien dissimuler un drame.

 Avis : **

Face au vent / Jim Lynch. - Gallmeister, 2017. - (Nature writing )

Les Johannssen, une famille américaine d’origine islandaise, ont dans les gènes la passion de la voile. Bobo senior a transmis les chantiers maritimes Johannssen à son fils unique, Bobo junior, qui construit donc des voiliers. Bobo junior a aussi raflé une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1976. Il espère que ses rejetons Josh, Bernard et Ruby reprendront le flambeau. Mais patatras ! Josh, roi de la bricole, préfère réparer les bateaux, Bernard s’enfuit en bateau dans le Pacifique pour éviter les poursuites judiciaires liées à ses actions militantes et Ruby, navigatrice de génie, perd volontairement les sélections pour les Jeux olympiques alors qu’elle avait course gagnée puis part œuvrer sur un navire humanitaire en Afrique. Le renoncement à la compétition version Moitessier ! La mère de son côté est une scientifique qui tente de résoudre l’un de ces problèmes mathématiques qui semblent insolubles : les équations de Navier-Stokes. Tandis qu’un prédicateur, père de l’un de ses employés, annonce sur les ondes radio l’arrivée du jugement dernier, Josh, à passé 30 ans, cherche encore l’âme sœur sur Internet et va accumuler 34 rencards en six mois. Bobo junior vient le voir pour lui proposer de disputer la Swiftsure, la plus grande course de voiliers du Nord-Ouest, une façon comme une autre de réunir enfin toute la famille. Il s’agit d’une course à handicap que l’on peut donc gagner même si on ne possède pas le meilleur bateau. Modifier le voilier après son classement serait une petite supercherie sans importance mais qui donnerait un léger coup de pouce à la victoire, celle-ci permettant de relancer les ventes d’un chantier maritime quelque peu dépassé par les avancées technologiques.
C’est un peu long, parfois un peu technique, mais on s’immisce assez agréablement dans la vie de cette famille disloquée et qui traîne un brimborion de folie.

 Avis : **

La déclaration / M. Escoffier ; S. Sénégas. - Kalédiscope, 2017

« Des siècles qu’ils ont été chassés, enfermés, maltraités... » Les animaux sonnent le glas de la docilité, l'heure de la révolte a sonné : ils infiltrent le monde des hommes, provoquent des dérèglements et inversent les rôles. Rien ne tourne comme avant. Les humains comprennent qu'ils n'ont d'autres choix que de négocier avec les animaux non-humains. La déclaration universelle des droits de l'animal est née !
Un album facétieux sur un sujet très sérieux : « Tout être vivant a le droit d'aller et venir librement. »
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Attention chien méchant / B. Vivès. - Casterman, 2017

Fond noir, c'est la nuit. L'histoire est vue par un bout de la lorgnette, faisceau de lampe de poche. Quelqu'un s'approche d'une maison, découvre quelques scènes effrayantes. L'effroi atteint son paroxysme lorsque le personnage -par qui le lecteur perçoit l'histoire- découvre 3 enfants au fond d'un puits. Le sauvetage est en cours, l'issue apaisera-t-elle la tension ?
Album sans texte -ou juste ce qu'il faut pour renforcer le thriller- où la lecture d'images rythme une histoire haletante.

Un Noël pour le loup / T. Dedieu. - Seuil, 2017

Chacun dans la forêt s'active pour la fête de Noël. « Seul un loup errait, triste et solitaire ». Lui n'a jamais connu l'effervescence de cette période. Pour y remédier, il souhaite préparer un grand festin  et y convier ses voisins. « Difficile de faire oublier ta réputation » le met en garde le grand-duc. Confiant, le loup se met au travail et veille à préparer pour chacun une attention particulière. Il se donne beaucoup de mal. Mais l’heure venue, dépassée largement même, les convives sont absents. Ou plus exactement observent de loin. Leur méfiance est-elle insurmontable ?
Troisième album de noël grand format pour cet artiste que l'on aime. Les illustrations y sont toujours stupéfiantes, dans une maîtrise des cadrages et des expressions. Quant à l'histoire, on tentera comme le loup de « réprimer un sanglot » mais l'émotion est bel et bien là, et quelle émotion...

Colorama : imagier des nuances de couleurs / Cruschiform. - Gallimard, 2017

Quelques 130 pages qui mettent à l'honneur les couleurs et leurs nuances. La couleur occupe pleinement, royalement la page de droite, et en regard l'origine du nom de ladite couleur. Saviez-vous que le vert kiwi fait référence à la fois au fruit et à l'oiseau emblématique de la Nouvelle-Zélande ? Que le brun de momie était jadis un pigment réellement extrait de corps momifiés ?
Un index bienvenu classent ces anecdotes « techniques, scientifiques, historiques, étymologiques et linguistiques » en 22 thématiques.
La somme d'informations diverses et passionnantes s'allie à un esthétisme sobre et hypnotique. Une merveille récompensée par la Pépite de l'album jeunesse.

Chat pas moi ! / A. Cortey. - Sarbacane, 2017

Ces 2 là jouent à merveille au chat et à la souris, créant un bazar monstre. L'épicier furax devant tant de dégâts, vient mettre le holà. 
Album cartonné grand format qui donne toute latitude aux pitreries des 2 lascars, rythmées de jeux de mot chat-centrés, pour une narration à voix haute chat-mallow. Ambiance électrique dans le texte comme dans les images !

Le prince sauvage et la renarde / J.-P. Arrou-Vignod ; J.-C. Götting. - Gallimard, 2017

Le prince Sauvage est aux dires de tous le « diable en personne » : il « n'aime que le sang », toujours en quête d'un animal à tuer. Sa mère s'en afflige, son père s’enorgueillit, l'enfant grandira donc dans le sang. L'âge adulte ne lui apportera aucune sagesse, il se retrouve piégé lors d'une partie de chasse effrénée. Va-t-il mourir seul dans la neige, à cause d'un de ses propres pièges ? Une renarde s'approche et entame un dialogue avec l'homme, soucieuse de lui faire appréhender les notions d'humilité et de patience. Programme des plus ambitieux...
Conte ample et puissant, dans le propos comme dans les illustrations, opposant violence sanguinaire et pacifisme contemplatif. Le personnage de la renarde est magnifique, parangon d'exigence, de bienveillance et d'indulgence.

Elvis et l'homme au manteau rouge : un conte de Noël / O. Könnecke. - La Martinière, 2017

Elvis est tout excité : demain c'est Noël, et en plus la neige le dispense d'aller travailler ! Mais voici que frappe à la porte un étrange vieil homme tout de rouge vêtu. Il demande de l'aide car il a eu un accident avec son traîneau. Elvis voudrait bien remettre cela à plus tard mais l'homme insiste. Elvis est fortement contrarié, d'autant que tout semble se liguer contre eux. 
Un conte de Noël aux nombreux rebondissements, où les dialogues l'emportent, qui jouent sur l'identité du visiteur sans cesse repoussée, jamais révélée, si ce n'est par le lecteur forcément perspicace. Un troisième personnage apporte une touche irrésistible à cette histoire drôle et enlevée.